Métaux stratégiques : Le retour des actifs réels dans un monde fragmenté

Une réflexion patrimoniale sur la souveraineté industrielle, la sécurité énergétique et la revalorisation des ressources critiques.

Pour investisseurs patrimoniaux et professionnels de l’allocation


I. INTRODUCTION STRATÉGIQUE

Le rôle des métaux dans l'économie mondiale est en train de changer de nature. Longtemps considérés comme de simples intrants industriels, dont le prix oscillait au gré des cycles macroéconomiques, ils sont aujourd'hui réinvestis d'une dimension qui les rapproche davantage des actifs stratégiques que des matières premières conventionnelles. Cette mutation n'est pas conjoncturelle. Elle traduit une recomposition profonde des rapports de force économiques, technologiques et géopolitiques, dans un monde devenu structurellement plus fragmenté.

Trois forces convergent pour redessiner ce paysage. D'abord, une demande structurellement plus intense, portée par l'électrification généralisée des économies, le déploiement à grande échelle de l'intelligence artificielle, la transformation des systèmes énergétiques et la modernisation des capacités de défense. Ensuite, une offre contrainte, héritière d'une décennie de sous-investissement chronique et désormais soumise à des goulots d'étranglement géologiques, opérationnels et politiques. Enfin, une économie politique nouvelle, dans laquelle les États redeviennent acteurs directs de la sécurisation des chaînes d'approvisionnement, par le biais de subventions, de prises de participation, de constitution de stocks stratégiques et d'instruments de contrôle à l'exportation.

À cette triple dynamique sectorielle s'ajoute un environnement macroéconomique qui renforce l'attrait des actifs tangibles. Les niveaux d'endettement souverain dans les économies développées, la persistance de pressions inflationnistes, la perspective d'une domination fiscale prolongée et la lente érosion du système monétaire unipolaire constituent un arrière-plan favorable aux actifs réels, qu'il s'agisse des métaux précieux, des métaux industriels ou des actifs miniers cotés.

Pour l'investisseur patrimonial, ces évolutions ouvrent un champ de réflexion qui dépasse l'analyse cyclique habituelle. Il ne s'agit plus seulement d’anticiper un rebond cyclique des matières premières, mais d'intégrer les ressources critiques dans une logique d'allocation stratégique de long terme, articulée autour de la souveraineté industrielle, de la sécurité énergétique et de la préservation du pouvoir d'achat réel.


II. POURQUOI LES MÉTAUX STRATÉGIQUES REDEVIENNENT CENTRAUX

Une demande tirée par les grandes mutations technologiques

Le retour des métaux au cœur de l'économie mondiale s'explique en premier lieu par l'ampleur des besoins générés par les transformations technologiques en cours. L'électrification n'est plus une thématique sectorielle limitée à la mobilité électrique ou aux énergies renouvelables : elle traverse désormais l'ensemble des chaînes industrielles, des infrastructures de transport aux réseaux de distribution, des bâtiments aux centres de données.

L'intelligence artificielle illustre cette dynamique de manière particulièrement frappante. La multiplication des centres de données et des infrastructures de calcul intensif entraîne une croissance accélérée de la demande d'électricité, qu'une part croissante des opérateurs s'efforce d'orienter vers des sources renouvelables ou bas-carbone. Cette demande supplémentaire exige à son tour davantage de cuivre pour le câblage, d'aluminium pour les structures, de nickel et de cobalt pour le stockage, et d'uranium pour la production électrique de base.

Les ordres de grandeur sont significatifs. À l'horizon 2035, la demande de cuivre devrait progresser d'environ 29 %, celle d'aluminium de 23 %, celle d'uranium de 29 %, tandis que la demande de lithium pourrait être multipliée par plus de quatre. En Chine, premier marché industriel mondial, la consommation de cuivre et d'aluminium liée aux technologies propres devrait dépasser dès cette année la demande issue du secteur traditionnel de la construction, marquant un basculement structurel des moteurs de consommation.

Le réarmement comme facteur structurel de demande

À cette dynamique civile s'ajoute un renforcement de la demande liée aux besoins militaires. Les systèmes de défense modernes sont fortement consommateurs de cuivre pour l'électronique, de tungstène pour les munitions, de nickel pour les applications aérospatiales et de terres rares pour les aimants permanents qui équipent les systèmes de guidage avancés. L'asymétrie économique des conflits contemporains (missiles intercepteurs coûteux face à des drones bon marché) pèse également sur les stocks et accentue la pression sur les filières d'approvisionnement.

Les conflits récents au Moyen-Orient ont confirmé cette tendance. Les programmes pluriannuels de réarmement engagés dans la plupart des grandes économies occidentales, ainsi qu'au Japon, en Corée du Sud et en Inde, prolongent ce mouvement de fond. La sécurité des approvisionnements en métaux critiques est désormais traitée, dans nombre de doctrines stratégiques, au même titre que la sécurité énergétique l'avait été dans les décennies passées.

Une offre structurellement contrainte

Face à cette demande, l'appareil productif minier se heurte à des limites de plus en plus tangibles. Les délais de développement des projets se sont allongés : un nouveau gisement de cuivre nécessite aujourd'hui près de dix-huit ans pour atteindre la production, contre une douzaine d'années au milieu des années 2000. Les teneurs minérales déclinent dans la plupart des gisements historiques. Les processus d'autorisation se sont alourdis. Les contraintes environnementales et sociales se sont renforcées. Le coût du capital nécessaire au lancement de nouveaux projets, dans un contexte de taux longs durablement plus élevés, constitue un frein additionnel.

Conséquence logique : des déficits d'offre sont anticipés à l’horizon 2030-2035 pour plusieurs métaux stratégiques, notamment le cuivre, le cobalt, l'uranium et le lithium. Ces déséquilibres devraient soutenir durablement les prix et créer un environnement favorable aux producteurs disposant d'actifs de qualité, d'une discipline d'allocation du capital et d'une exposition aux métaux les plus contraints.


III. LA GÉOPOLITIQUE DES CHAÎNES D'APPROVISIONNEMENT

Concentration géographique et asymétrie des dépendances

L'une des caractéristiques les plus saisissantes du paysage actuel tient à la concentration géographique extrême des chaînes d'approvisionnement en métaux critiques. Les opérations minières comme les capacités de raffinage et de transformation sont concentrées dans un nombre restreint de juridictions, souvent en dehors de l'OCDE, ce qui crée des dépendances asymétriques pour les économies occidentales.

La Chine occupe une position dominante sur l'ensemble de la chaîne de valeur. Elle représente une part majoritaire du raffinage mondial de terres rares, contrôle une fraction substantielle de la transformation du lithium, du graphite, du tungstène, et joue un rôle central dans le traitement du cuivre, du nickel et de l'aluminium. Cette domination ne résulte pas seulement d'avantages géologiques, mais d'un effort stratégique étalé sur plusieurs décennies, combinant investissements industriels, politique énergétique et intégration verticale.

D'autres acteurs occupent des positions critiques sur des segments spécifiques. L'Indonésie domine désormais la filière du nickel, avec une part majoritaire de la production mondiale et une capacité de transformation en forte croissance. La République démocratique du Congo concentre une part déterminante de l'offre de cobalt. L'Australie reste un pourvoyeur essentiel de lithium et de bauxite. Le Kazakhstan, le Canada et le Niger jouent un rôle clé dans le cycle de l'uranium. Cette répartition crée une carte des dépendances qui ne recoupe pas nécessairement les alliances diplomatiques traditionnelles.

Vulnérabilité des routes commerciales

À cette concentration de la production s'ajoute la fragilité des routes maritimes par lesquelles transitent ces flux. Les détroits stratégiques (Ormuz, Malacca, Bab el-Mandeb, Suez) constituent autant de points de passage critiques dont la perturbation peut affecter significativement les approvisionnements. Le conflit au Moyen-Orient a rappelé que les risques pesant sur ces corridors logistiques ne sont pas théoriques : ils se traduisent par des hausses de coûts d'assurance maritime, des allongements de délais et, dans certains cas, par des arrêts de production.

L'exemple de l'aluminium est instructif. Le Golfe persique concentre environ 9 % de la capacité mondiale de production primaire, dont l'essentiel transite par le détroit d'Ormuz. Toute perturbation prolongée de cette voie peut placer plusieurs millions de tonnes de production en situation de risque, avec des conséquences immédiates sur les prix internationaux et sur la stabilité des chaînes d'approvisionnement aval.

Les contrôles à l'exportation comme arme stratégique

L'arsenal des politiques commerciales a également évolué. Les contrôles à l'exportation, jadis marginaux dans le secteur minier, sont devenus un instrument central. La Chine en a fait un usage croissant ces dernières années, en restreignant successivement les exportations de gallium, de germanium, d'antimoine, de graphite, puis d'équipements de transformation. Des signaux indiquent que des restrictions pourraient s'étendre aux technologies de raffinage des terres rares elles-mêmes, ce qui constituerait un saut qualitatif majeur dans l'instrumentalisation des chaînes critiques.

Ces décisions s'inscrivent dans la continuité d'épisodes historiques. Les restrictions chinoises sur les terres rares au cours de la dernière décennie avaient déjà perturbé les marchés mondiaux et conduit plusieurs économies (États-Unis, Japon, Australie en particulier) à engager des stratégies de diversification. La répétition de ces épisodes, dans un contexte de rivalité technologique accrue, alimente la prise de conscience de la vulnérabilité structurelle des économies occidentales.


IV. LE RETOUR DE L'ÉTAT STRATÈGE

Les États-Unis : d'une politique de financement à une politique d'actionnariat

Face à ces dépendances, les économies occidentales redéploient leur arsenal de politique industrielle avec une intensité inédite depuis plusieurs décennies. Les États-Unis ont ouvert la voie. L'Inflation Reduction Act de 2022 avait posé les premières bases d'un soutien massif aux chaînes de valeur stratégiques, en combinant crédits d'impôt à la production, exigences de contenu domestique et incitations à la relocalisation. Si certaines dispositions ont été ajustées lors des changements politiques ultérieurs, l'architecture générale du dispositif est demeurée structurante.

L'étape suivante a été franchie avec le One Big Beautiful Bill Act, qui consacre pour la première fois une enveloppe explicitement dédiée à l'extraction, au raffinage et à la transformation des minéraux critiques. Le dispositif prévoit jusqu'à 5 milliards de dollars d'investissement direct, 500 millions de dollars de subventions de crédit susceptibles de mobiliser jusqu'à 100 milliards de dollars en garanties de prêts, et 3,3 milliards de dollars pour des contrats d'achat de long terme. À ce dispositif s'ajoute Project Vault, qui vise à constituer une réserve stratégique nationale de 12 milliards de dollars couvrant les terres rares, le lithium et le nickel.

Au-delà des nouvelles lois, des cadres existants ont été réorientés. Le Defense Production Act, la Export-Import Bank, la Development Finance Corporation et même certains volets du CHIPS Act sont aujourd'hui mobilisés pour soutenir des projets miniers, en territoire national comme à l'international. L'estimation cumulée des engagements de l'administration américaine actuelle approche les 18,6 milliards de dollars, répartis sur une soixantaine de projets.

Le changement le plus notable réside dans la nature de ces interventions. Washington ne se contente plus de prêter ou de subventionner : l'État américain entre désormais directement au capital de certaines entreprises minières. Le projet Thacker Pass de Lithium Americas, initialement soutenu par un prêt du Département de l'Énergie, a évolué vers une participation directe en fonds propres, couplée à une coentreprise avec General Motors. MP Materials, opérateur de la seule mine active de terres rares aux États-Unis, a fait l'objet d'un investissement stratégique de 550 millions de dollars de la part du Département de la Défense. Ce passage d'une logique de financement à une logique d'actionnariat constitue une rupture historique avec la doctrine de non-intervention qui prévalait jusqu'alors.

Une mobilisation occidentale élargie

Ce mouvement déborde largement le cadre américain. L'initiative Pax Silica, conduite sous l'égide des États-Unis, vise à structurer une chaîne d'approvisionnement occidentale en métaux critiques liés à l'intelligence artificielle, d'une valeur estimée à 1 000 milliards de dollars. Le partenariat critique minéraux signé entre les États-Unis et l'Australie en 2025 mobilise 8,5 milliards de dollars de financements de projets, en réponse directe à la prééminence chinoise.

L'Union européenne avance dans une logique complémentaire, articulée autour du Critical Raw Materials Act et de l'initiative RESourceEU, dont l'ambition est de créer un centre européen de monitoring, d'achat groupé et de stockage de matières premières critiques. La France, l'Allemagne et l'Italie animent une coordination renforcée. Le Royaume-Uni explore des dispositifs de stockage stratégique via l'OTAN et des cadres nationaux dédiés.

En Asie, le Japon et la Corée du Sud disposent déjà de systèmes de réserves gérés par les autorités publiques et continuent à étendre leur réseau de partenariats internationaux. L'Inde a lancé sa National Critical Mineral Mission, tandis que des accords bilatéraux entre le Japon et l'Australie viennent compléter le maillage.

Une nouvelle économie politique des ressources

Ce que dessinent ces évolutions, prises ensemble, est un changement de paradigme. Pendant plusieurs décennies, la doctrine dominante reposait sur l'efficience des marchés mondiaux, la spécialisation internationale et l'optimisation des coûts. Le pendule s'est déplacé : la résilience, la sécurité d'approvisionnement et le contrôle des nœuds stratégiques de la chaîne de valeur priment désormais sur l'optimisation pure. Les implications pour les marchés sont substantielles, car cette nouvelle économie politique introduit une prime de risque géopolitique durable dans la formation des prix, et un soutien structurel à la valorisation des actifs stratégiquement situés.


V. PERSPECTIVE D'INVESTISSEMENT PATRIMONIALE

Le retour des actifs réels dans les allocations

Pour l'investisseur patrimonial, le contexte décrit appelle une réflexion qui dépasse la lecture cyclique habituelle. Plusieurs forces convergent pour replacer les actifs réels au centre des allocations stratégiques de long terme.

La première tient à l'environnement inflationniste. La masse monétaire américaine M2 a progressé d'environ 48 % depuis le début de 2020, ce qui signifie qu'environ un tiers des dollars actuellement en circulation ont été créés sur une période très courte. À cette expansion monétaire s'ajoutent les effets inflationnistes des politiques tarifaires, des tensions sur les chaînes d'approvisionnement et des crises énergétiques liées aux conflits récents. Dans un tel environnement, les actifs dont l'offre est par nature contrainte (métaux précieux, métaux industriels critiques, ressources foncières) conservent un avantage relatif notable face aux actifs purement financiers.

La deuxième concerne les niveaux d'endettement souverain. Le ratio dette publique sur PIB aux États-Unis approche 122 %, contre 32 % à la fin des années 1970. Les coûts de service de la dette fédérale dépassent désormais 1 000 milliards de dollars par an, soit environ 19 % des recettes fédérales, et excèdent le budget de la défense. Cette configuration crée une contrainte structurelle sur la marge de manœuvre des banques centrales et accroît la probabilité d'une domination fiscale prolongée, dans laquelle la politique monétaire reste accommodante pour soutenir la soutenabilité budgétaire, quitte à tolérer une inflation supérieure aux cibles.

La troisième force est la lente érosion du système monétaire unipolaire. La dé-dollarisation progresse, à un rythme modéré mais cumulatif, sous l'effet de la diversification des réserves de change des banques centrales, de la multiplication des accords de règlement en devises locales et des efforts coordonnés de certains pays émergents pour réduire leur dépendance au dollar. L'or, dans ce contexte, a regagné son rôle d'actif de réserve, comme en témoignent les achats nets soutenus des banques centrales depuis plusieurs années. Des signaux convergents suggèrent par ailleurs que l'argent métal pourrait progressivement bénéficier d'une logique similaire, alimentée à la fois par la demande industrielle et par des comportements de constitution de stocks stratégiques.

Or et argent : le retour des actifs monétaires

Dans ce contexte, l'or et l'argent occupent une place singulière qui mérite d'être traitée pour elle-même. L'or n'est plus simplement un actif refuge ponctuel ou une couverture contre l'inflation : il retrouve progressivement son rôle d'actif de réserve, comme en témoignent les comportements convergents de nombreuses banques centrales depuis plusieurs années. Les achats nets cumulés dépassent désormais largement les niveaux observés au cours des décennies précédentes, et traduisent une recherche active d'alternatives à la concentration des réserves en obligations souveraines libellées en devises de référence. Ce mouvement, structurel plutôt que cyclique, modifie en profondeur la dynamique de l'offre et de la demande sur le marché aurifère, où la production minière progresse lentement face à des achats officiels qui s'inscrivent dans la durée.

L'argent métal présente un profil distinct mais complémentaire. À l’héritage monétaire historique qu’il partage avec l’or s'ajoute une dimension industrielle considérable, alimentée par la demande du photovoltaïque, de l'électronique de puissance et des applications électriques et électroniques. Cette double nature, monétaire et industrielle, le place à l'intersection des deux grandes thématiques développées dans ce document : la revalorisation des actifs réels face à l'expansion monétaire, et la pression croissante de la demande sur les chaînes d'approvisionnement en métaux stratégiques. Certains signaux suggèrent une reconstitution progressive de stocks stratégiques, conjugués à un déficit structurel d'offre, créent un environnement de tension qui pourrait s'avérer durable.

Pour l'investisseur patrimonial, l'or et l'argent jouent ainsi des rôles complémentaires : l'or comme ancrage monétaire de long terme dans une logique de préservation, l'argent comme actif d'avantage exposé à la fois aux dynamiques monétaires et aux thématiques d'électrification. L'un comme l'autre s'inscrivent dans la même logique fondamentale, celle d'actifs dont l’offre demeure structurellement peu élastique à court et moyen terme.

Une valorisation relative qui demeure attractive

Au-delà des arguments macroéconomiques, la question de la valorisation mérite attention. Le secteur minier coté ne représente actuellement qu'environ 0,4 % de la capitalisation boursière mondiale, ratio historiquement bas qui traduit une longue période de désaffection des investisseurs institutionnels. Cette sous-représentation structurelle contraste avec la centralité stratégique nouvelle du secteur.

Les multiples de valorisation reflètent cette anomalie. Les sociétés minières diversifiées se traitent à des EV/EBITDA généralement compris entre 6 et 8 fois, à comparer à des multiples de 13 à 22 fois pour les grands secteurs de marché (technologie, santé, biens de consommation). Cet écart est d'autant plus notable que les marges opérationnelles des producteurs de premier rang se sont nettement améliorées, sous l'effet d'une discipline d'allocation du capital, d'une gestion rigoureuse des coûts et d'un environnement de prix plus favorable.

La génération de trésorerie disponible s'est également renforcée, créant les conditions d'une politique de retour aux actionnaires soutenue par des dividendes et des rachats d'actions. La trajectoire attendue de cette génération de trésorerie sur les prochaines années, dans un contexte de prix soutenus et d'investissements maîtrisés, constitue un point d'appui fondamental pour la performance du secteur.

Coûts de production et nécessité d’une approche sélective

Une exposition au secteur minier suppose également une lecture attentive des structures de coûts. Les producteurs demeurent sensibles à l’évolution des prix de l’énergie, de certains intrants chimiques et de la logistique. À titre indicatif, une hausse de USD 10 du prix du baril peut se traduire par une augmentation sensible des coûts opérationnels, tant pour les producteurs d’or que pour ceux de cuivre.

Cette réalité renforce l’importance d’une approche sélective, attentive à la qualité des actifs, à la juridiction d’opération, à la structure des coûts et à la solidité financière des opérateurs. Les producteurs disposant d’une intégration verticale, d’une diversification géographique et d’un accès à des sources énergétiques compétitives conservent un avantage relatif marqué dans cet environnement.

Une asymétrie stratégique sous-évaluée

Au-delà de la valorisation et des fondamentaux, le secteur offre un profil asymétrie que peu d'autres classes d'actifs procurent. Dans un scénario de tensions géopolitiques accrues, de fragmentation commerciale, d'inflation persistante ou de crise de confiance dans certaines devises, les actifs miniers (et plus largement les actifs réels) présentent des propriétés de couverture difficilement reproductibles par les marchés actions traditionnels. Cette asymétrie, encore largement absente des allocations institutionnelles classiques, constitue à notre sens l'un des arguments les plus forts en faveur d'une exposition mesurée et active au secteur dans une allocation patrimoniale équilibrée.


VI. PERSPECTIVE APIS

Chez APIS Asset Management, nous considérons que l'analyse des métaux stratégiques dépasse aujourd'hui le simple cadre sectoriel : elle s'inscrit dans une réflexion plus large sur la souveraineté industrielle, la sécurité énergétique et la revalorisation des actifs réels dans les allocations patrimoniales. Certaines de nos stratégies d'investissement s'inscrivent naturellement dans cette réflexion.

Notre lecture du cycle actuel repose sur une conviction : la dynamique en cours ne relève pas d’un rebond cyclique passager, mais d’une revalorisation structurelle des matières premières stratégiques dans l’architecture économique et financière mondiale. Cette conviction nous conduit à privilégier une approche sélective, fondée sur la qualité des actifs sous-jacents, la discipline d’allocation du capital des opérateurs, l’exposition aux métaux les plus structurellement contraints, ainsi qu’une attention particulière aux dimensions de gouvernance, de juridiction et de résilience opérationnelle.

Au sein de nos stratégies dédiées aux actifs réels, cette lecture s’est traduite récemment par un repositionnement progressif vers les métaux industriels stratégiques et les actifs énergétiques. Les producteurs de cuivre disposant d’actifs de premier rang, les acteurs établis du secteur de l’uranium portés par le regain d’intérêt pour le nucléaire civil, ainsi que des expositions sélectives au secteur énergétique conventionnel nous paraissent constituer aujourd’hui des points d’appui pertinents dans une logique de sensibilité favorable aux régimes inflationnistes et de capture du cycle d’investissement industriel. Cette inflexion, opérée au cours des derniers mois, traduit notre conviction que la prime de rareté tend désormais à se déplacer des seuls métaux précieux vers l’ensemble des ressources critiques pour les chaînes de valeur de la transition énergétique et industrielle.

Dans le cadre d'une allocation patrimoniale globale, nous estimons qu'une exposition mesurée aux ressources critiques, directe ou via les sociétés minières cotées, peut jouer plusieurs rôles complémentaires : couverture contre l'inflation structurelle, diversification face aux risques de dé-dollarisation, capture d'un cycle d'investissement industriel de long terme, et participation à la revalorisation d'actifs encore sous-représentés dans les portefeuilles institutionnels. Cette exposition n'a vocation ni à se substituer aux piliers traditionnels d'une allocation (obligations souveraines de qualité, actions cotées diversifiées, immobilier), ni à dominer le portefeuille, mais à compléter ces blocs en y apportant une dimension d'actifs réels stratégiquement positionnés.

L'environnement actuel nous semble justifier une attention renouvelée de la part des investisseurs patrimoniaux disposant d'un horizon d'investissement suffisant et d'une tolérance à la volatilité propre au secteur. La discipline d'analyse, la sélectivité et la connaissance approfondie des dynamiques sectorielles restent, à notre sens, les déterminants principaux de la performance dans cet univers.


VII. CONCLUSION

Le présent document a été préparé par APIS Asset Management à des fins exclusivement informatives. Il ne constitue ni une offre de souscription, ni une sollicitation d'investissement, ni un conseil en investissement, et ne saurait être interprété comme tel. Les analyses, opinions et estimations qu'il contient reflètent le jugement de leurs auteurs à la date de publication et sont susceptibles d'évoluer sans préavis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les investissements dans les métaux précieux et les instruments financiers associés comportent des risques, notamment des risques de marché, de volatilité, de liquidité et de perte en capital. Ce document ne tient pas compte de la situation financière particulière, des objectifs d’investissement ou des besoins spécifiques de tout destinataire. Il appartient au lecteur de procéder à sa propre analyse et, le cas échéant, de consulter ses conseillers professionnels avant toute décision d'investissement. La reproduction ou la diffusion du présent document, en tout ou en partie, est interdite sans autorisation préalable d'APIS Asset Management.


VIII. AVERTISSEMENT

Le présent document a été préparé par APIS Asset Management à des fins exclusivement informatives. Il ne constitue ni une offre de souscription, ni une sollicitation d'investissement, ni un conseil en investissement, et ne saurait être interprété comme tel. Les analyses, opinions et estimations qu'il contient reflètent le jugement de leurs auteurs à la date de publication et sont susceptibles d'évoluer sans préavis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte des risques, y compris un risque de perte en capital, et doit être apprécié au regard de la situation patrimoniale, des objectifs et de l'horizon d'investissement propres à chaque investisseur. Il appartient au lecteur de procéder à sa propre analyse et, le cas échéant, de consulter ses conseillers professionnels avant toute décision d'investissement. La reproduction ou la diffusion du présent document, en tout ou en partie, est interdite sans autorisation préalable d'APIS Asset Management.


IX. SOURCES

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